Gymnase de Nyon:

Option complémentaire histoire
 

Peut-on assassiner la paix ?

John Kennedy - Document n° 3



La crise de Cuba

Discours télévisé prononcé par John Kennedy, le 22 octobre 1962 (extraits):

Bonsoir mes compatriotes,

Fidèle à sa promesse, le gouvernement a continué de surveiller de très près les préparatifs militaires soviétiques à Cuba. Au cours de la dernière semaine, nous avons eu des preuves incontestables de la construction de plusieurs bases de fusées dans cette île opprimée. Ces sites de lancement ne peuvent avoir qu'un but: la constitution d'un potentiel nucléaire dirigé contre l'hémisphère occidental.

Les caractéristiques de ces nouvelles rampes de lancement pour missiles se rapportent à deux types d'installations distincts. Plusieurs de ces bases sont dotées de missiles balistiques de portée moyenne, capables de transporter une tête atomique à quelque deux mille kilomètres. Cela signifie que chacune de ces fusées peut atteindre Washington, le canal de Panama, cap Canaveral, Mexico ou tout autre ville située dans le sud-est des Etats-Unis, en Amérique centrale ou dans la région des Caraïbes. D'autres bases en cours d'achèvement paraissent destinées à recevoir des missiles, à portée dite intermédiaire, capables de parcourir largement le double de cette distance, donc d'atteindre la plupart de nos grandes villes de l'hémisphère occidental, du nord de la baie d'Hudson au Canada jusqu'à une ville aussi méridionale que Lima, au Pérou. En outre, des bombardiers à réaction, qui peuvent transporter des armes nucléaires, sont en voie d'assemblage à Cuba, tandis que l'on y prépare des bases aériennes adéquates.

Cette transformation précipitée de Cuba en importante base stratégique, par suite de la présence de ces puissantes armes offensives à long rayon d'action et qui ont des effets de destruction massive, constitue une menace précise à la paix et à la sécurité de toutes les Amériques.[...]

L'Amérique menacée par les missiles nucléaires.

http://www.atomicarchive.com/Reports/Cuba/Images/missilerange.jpg

Ni les Etats-Unis d'Amérique ni la communauté mondiale des nations ne peuvent tolérer une duperie délibérée et des menaces offensives de la part d'une quelconque puissance, petite ou grande. Nous ne vivons plus dans un monde où seule la mise à feu d'armes constitue une provocation suffisante envers la sécurité d'une nation et constitue un péril maximum. Les armes nucléaires sont tellement destructrices, et les engins balistiques sont tellement rapides, que tout accroissement substantiel dans les moyens de les utiliser, ou que tout changement subit de leur emplacement peut parfaitement être considéré comme une menace précise à la paix. Durant plusieurs années, l'Union soviétique, de même que les Etats-Unis - conscients de ce fait - ont installé leurs armements nucléaires stratégiques avec grand soin, de façon à ne jamais mettre en danger le statu quo précaire qui garantissait que ces armements ne seraient pas utilisés autrement qu'en cas de provocation mettant notre vie en jeu. Nos propres missiles stratégiques n'ont jamais été transférés sur le sol d'aucune autre nation sous un voile de mystère et de tromperie, et notre histoire - contrairement à celle des Soviétiques depuis la Deuxième Guerre mondiale - a bien prouvé que nous n'avons aucun désir de dominer ou de conquérir aucune autre nation ou d'impo-ser un système à son peuple. [...]

Cette mise en place secrète, rapide et extraordinaire d'engins communistes dans une région dont il est bien connu qu'elle a des relations spéciales et historiques avec les Etats-Unis et les pays de l'hémisphère occidental [...] constitue un changement aussi provoquant qu'injustifié du statu quo, que nous ne pouvons pas accepter si nous voulons que notre courage et nos encouragements soient reconnus comme valables par nos amis comme par nos ennemis. [...]

Agissant en conséquence pour la défense de notre propre sécurité et celle de l'hémisphère tout entier, [...] j'ai donné des instructions pour que soient prises immédiatement les mesures initiales suivantes.

1) Pour empêcher la mise en place d'un dispositif militaire offensif, une stricte quarantaine sera appliquée sur tout l'équipement militaire offensif à destination de Cuba. [...]

2) J'ai donné des ordres pour que l'on établisse une surveillance étroite, permanente et plus étroite de Cuba et la mise en place d'un dispositif militaire. [...]

3) Toute fusée nucléaire lancée à partir de Cuba, contre l'une quelconque des nations de l'hémisphère occidental, sera considérée comme l'équivalent d'une attaque soviétique contre les Etats-Unis, attaque qui entraînerait des représailles massives contre l'Union soviétique. [...]

6) Conformément à la Charte des Nations unies, nous demandons ce soir une réunion d'urgence du Conseil de sécurité [...].

7) Je fais appel à M. Khrouchtchev afin qu'il mette fin à cette menace clandestine, irresponsable et provocatrice à la paix du monde et au maintien de relations stables entre nos deux nations. Je lui demande d'abandonner cette politique de domination mondiale et de participer à un effort historique en vue de mettre fin à une périlleuse course aux armements et de transformer l'histoire de l'homme. [...]

Le chemin que nous avons choisi dans le présent est plein d'incertitudes comme tous les chemins. Mais c'est lui qui est le plus conforme à notre caractère, à notre courage national et à nos engagements dans le monde. Le prix de la liberté est toujours élevé, mais les Américains l'ont toujours payé. Et il est un chemin que nous ne choisirons jamais, c'est celui de la reddition et de la soumission. Notre but n'est pas la victoire de la force, mais le respect du droit; ce n'est pas la paix au détriment de la liberté, ici, dans cet hémisphère, et, nous l'espérons, dans le monde.

Texte extrait du site: http://renecorti.9online.fr/histoire/mineures/crises/cuba.htm


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